Extrait de vie #2

J’habitais donc dans le 91 dans ma petite copropriété festive quand j’ai rencontré mon chéri.

On était donc fin août 2008. J’avais 28 ans et lui 31 ans.

Informaticien de formation et de profession, il était à son compte dans une petite PME qu’il avait montée avec son associé qui s’occupait du côté commercial et un jeune étudiant en alternance.

Il avait sa petite clientèle, ne roulait pas sur l’or, louait un T2 en rez de jardin, divorcé et … originaire du Maine et Loire.

Il habitait à Paris (oui, nous les banlieusards on dit qu’on habite Paris et les vrais parisiens disent qu’ils habitent « intra muros », c’est ça le vocabulaire là bas) depuis 10 ans. Il y avait fait la fin de ses études puis travaillé et n’en était jamais reparti.

On était donc en 2008. Est-ce que vous vous souvenez de 2008 ? LA grande actu de 2008 ? Ce qu’on entendait en boucle aux infos (et qu’on entend toujours 5 ans après) ? LA CRISE !!

Et oui, souvenez-vous, elle a commencé en 2008.

Je travaillais à côté de chez moi dans une société où j’ai passée de supers moments pendant 6 ans. Un taf qui me plaisait, des collègues supers, une responsable géniale. Le pied quoi (que je n’ai jamais retrouvé depuis …).

Mais LA CRISE est arrivée. Fin 2008 puis 2009, ça commençait à sérieusement sentir le cramé : ouverture d’une succursale en Algérie, rumeur de plan social.

Pour mon chéri ce n’était pas la fortune mais ça vivotait.

Puis est arrivé l’été 2009. L’associé de mon chéri est en vacances, mon chéri s’est occupé du courrier. Et oui, sachez que mon homme est un très bon technicien mais un nullissime administratif et financier. Conséquence : mises en demeure en chaîne, relances, j’en passe et des meilleures. La douche froide.

Je m’en suis mêlée assez vite (l’idée des huissiers m’a un peu mis en rogne je l’admets) et j’ai poussé mon homme à consulter un spécialiste avec tous les papiers afin de connaître la réelle étendue des dégâts. Le verdict a été très clair, une matinée d’entretien pour apprendre qu’il était dans la dernière limite pour déposer le bilan.

Le choc a été rude, surtout pour mon chéri évidemment.

Depuis 1 an qu’on était ensemble, on était déjà allé chez lui, dans le Maine et Loire à une vingtaine de kilomètres d’Angers. La première fois que j’y suis allée c’était en mars 2009 lorsqu’il m’a présenté à ses parents et j’ai eu le coup de foudre.

Coup de foudre pour la région, ce patelin, les gens, la grande ville fortifiée, la famille de mon chéri.

Alors quand on a appris qu’il devait couler sa société ma première pensée a été de partir. On en avait déjà vaguement parlé mais sans plus. Je me souviens de sa tête !!

Dans ma société LA CRISE avait eu ses effets et le premier plan de licenciement était en route. Je l’ai regardé et je lui ai dit : « facile : je loue mon appartement, tu résilies ton bail, tu coules ta boite, je vais voir mon DG demain et je négocie mon départ et on part dans la grande ville ». Il m’a regardé en se demandant si j’étais sérieuse, à moitié emballé à moitié pas sûr.

Je lui ai expliqué tout ce qu’on allait faire : le chômage, location d’un appart dans la grande ville pour commencer. Je suis secrétaire et je n’ai jamais eu trop de problème pour trouver un travail donc ça ne me préoccupait pas plus que ça et puis j’avais toujours bossé donc j’étais au maximum de mes droits au chômage.

Pour lui c’était plus compliqué car en tant qu’indépendant pas de chômage alors il a fait jouer ses relations pour trouver un CDD de 3 mois pour ouvrir au moins ses droits au chômage.

Moi je suis allée voir mon DG (qui était sur le départ aussi le filou) et la rupture conventionnelle a été acceptée sans aucun souci.

Bref, à partir de septembre 2009 l’opération « départ en province » a été lancée. Quittage de boulot (ouai du verbe quitter, tout à fait), quittage d’appartement …

Exposé du projet aux familles. Engouement évidemment du côté de mon chéri, catastrophe du côté de ma famille. Et oui, depuis toute petite je suis le vilain petit canard qui ne prend jamais les bonnes décisions et ne fait jamais ce qu’il faut alors bien sûr quand j’ai annoncé mon départ … pffff !!

La réflexion de mon père à l’époque résume assez bien les choses : « Quand je pense que les générations passées se sont battues pour quitter la province pour Paris et que ma fille repart à la campagne, c’est la honte de la famille!!! » . Ouai merci papa c’est gentil, tu rigolais bien sûr, ah ah ah.

3 mois de démarches éclairs et croyez le si vous voulez mais nous avons fêté la nouvelle année 2010 dans notre 3 pièces de 70 m² (et ouai, la province c’est le luxe des loyers abordables!) dans la grande ville.

Une nouvelle vie que je ne regrette pas une seule seconde.

Comme prévu j’ai trouvé du travail en à peine 2 mois (soyons franc, en janvier 2010 je n’ai pas vraiment cherché, un peu de repos mérité).

Aujourd’hui j’ai mes amies à moi. Oui, pas les amis de mon chéri ou les femmes des amis de mon chéri. Non, non mes amies à moi que j’ai rencontrées au travail ou à la gym parce que c’est important d’avoir SES amies et SES activités en dehors de votre chéri. Enfin, c’est ma façon de voir les choses hein 😉

Pour rien au monde je ne retournerais en RP, c’est d’ailleurs un enfer d’y retourner et j’y vais le moins possible. Pour moi le paradis c’est ici, la vie est totalement différente, on prend le temps de vivre. Adieu les bouchons, les gens qui tirent la gueule, l’horizon en béton, le bruit de la circulation. Bonjour la campagne, les 20 km en 20 minutes, les fêtes de village, les prix accessibles.

Vive la province !

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