Extrait de vie #1

Il y a longtemps, dans une autre vie, j’étais une banlieusarde. Je suis née dans le 92 et j’ai grandi dans le 91.

Paris, les bouchons, le béton c’était mon monde.

Un jour ma grand mère est tombée malade (oui, un cancer bien sûr, on en crèvera tous de toute manière) et nous a quitté.

Notre père nous a dit, à ma soeur et moi, qu’il n’avait pas besoin de l’argent de ma grand mère à son âge. Que c’est à notre âge à nous qu’on a besoin d’argent alors il nous a dit qu’il nous donnait à chacune une somme d’argent à la seule condition qu’on achète un bien immobilier. J’avais 25 ans.

J’étais plus ou moins célibataire, un peu fêtarde, un peu paumée. Cette décision a changé ma vie. Je me souviens que moi, qui disait qu’acheter c’était de la connerie, je me suis focalisée à fond sur cette idée ! Rendez-vous avec les banques, évaluation du crédit que je pouvais prendre. L’argent de ma grand mère me permettait d’arriver dans les banques en annonçant un apport minimum pour emprunter.

Ensuite sont venues les visites. Mon père voulait avoir un droit de regard bien sûr et nos relations n’ont pas facilité les choses mais avec le soutien de ma belle mère et d’une amie Notaire, j’ai réussi à le convaincre que mon choix était le bon.

J’ai donc acheté un studio dans le 91 en plein centre ville près des commerces, des transports etc …

J’y ai habité avec un plaisir intense. J’ai fait ma déco, mes peintures. J’étais vraiment fière de moi.

Je suis d’un naturel sociable. C’était une petite copropriété de 2 étages (9 appartements en tout) pleine de jeunes et j’ai pris l’habitude de vivre la porte ouverte car ce côté donnait sur de la verdure et j’aimais bien. Les gens qui passaient on pris l’habitude de me saluer, j’ai vite papoter avec tout le monde et copiner avec les autres propriétaires lors des réunions de copro.

Rapidement on a finit en camp de vacances ! Toujours les uns chez les autres, à s’inviter mutuellement. De fils en aiguille on a organisé des grandes bouffes sur notre parking privé. Bon ok, vu notre âge à tous, il faut bien avouer qu’on festoyait beaucoup et on finissait un peu sous la table à pas d’heure après que tout le monde ait sorti ses vieux digeos improbables ramenés de tel ou tel voyage et on se retrouvait pour petit déjeuner le lendemain matin la tête en vrac.

Bref, des années inoubliables dont je me souviens avec nostalgie.

Mes aventures sentimentales étaient plutôt chaotiques et j’ai fini par m’intéresser de près à mon voisin du dessous. Motard informaticien à son compte, yeux verts à tomber, petit sourire en coin, pas super bavard.

Bien sûr j’en ai parlé à mes copines/voisines qui ont été emballées par l’idée !

L’opération drague a alors commencé : une ou deux invitations, un petit mot glissé dans la boite aux lettres, un ou deux sous entendus …

Et une nouvelle bouffe dans le parking tous ensemble. Mes copines/voisines et moi à s’envoyer des SMS sous la table. Une copine/voisine en train de tirer les vers du nez du fameux voisin pour tâter le terrain si c’était du tout cuit ou pas.

Un dîner inoubliable. C’était le dernier week end du mois d’août 2008.

Entre gamineries et coup monté, j’ai fini la nuit avec ledit voisin (c’est moche, on ne couche pas le premier soir !).

Aujourd’hui j’appelle ledit voisin mon mari. Je suis toujours aussi folle de lui et c’est grâce à lui que j’ai vécu (ou plutôt survécu) à ces 4 ans de PMA. C’est en le regardant chaque jour que je me dit « au moins je l’ai lui ». Je savais et je sais encore que si on n’arrive pas à fonder notre famille notre amour sera le plus fort et la chance qu’on a de s’être trouvé est rare et précieuse.

C’est grâce à lui que j’arrive à être plus calme. Lui qui ne perd jamais le sien, lui qui est si terre à terre et jamais paniqué contrairement à moi qui analyse tout, lui qui m’a fait changé de façon étonnante.

Avant lui j’étais une pure banlieusarde. Avec lui je suis une campagnarde qui vit au milieu des champs avec ses chiens et chat, avec ses 8 poules et son coq. Aujourd’hui, 3 ans après, mes proches commencent à peine à se faire à l’idée que j’ai tout quitté en l’espace de 3 mois : appartement, travail … pour venir m’installer dans le Maine et Loire en rase campagne (ce petit changement fera l’objet d’un nouveau post).

Et pourtant, je n’ai jamais été aussi heureuse et pas une seconde je n’ai regretté mon choix.

Moi qui avait horreur de la campagne (ou presque, je la supportais dirons-nous). Je m’étais toujours dis que oui pour la province mais dans une grande ville au minimum.

Aujourd’hui, j’habite une maison dans un lieu-dit à 5 km du plus proche patelin et à 25 km de la grande ville. Quand je regarde par la fenêtre c’est des champs à perte de vue. Plus paumé que nous tu meurs !

Et bordel, qu’on est bien !

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2 réponses à “Extrait de vie #1

  1. super ton article ! ça fait du bien de lire quelqu’un bien dans sa vie, en accord avec ses envies profondes! Bises

  2. J’adore! J’espérais vraiment que le famuex voisin du dessous soit en fait le mari: je suis une grande romantique dans l’âme 🙂

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